Le coup de cœur de Benoît Lacoste
Résilience, amour et trouver enfin la force de continuer à vivre
« A cause de lui, on en a toutes pris plein la gueule, on a toutes été détruites, on tente toutes de se reconstruire, je ne veux surtout pas en rajouter, pourtant j’empire les choses. »
A l’ouverture du premier acte, dix-huit mois après le drame, la narratrice revient dans sa maison familiale qu’elle cherche à vendre. Son identité reste inconnue au lecteur. Ce dernier sait juste qu’un homme, Olivier Leroy, a tué sa femme, Bonnie Brasseur, alors même que « des premiers éléments de l’enquête de voisinage, il ressort que le couple était sans histoire.
Au fil des pages, entre fragments du présent, souvenirs du passé et extraits de l’ordonnance de mise en accusation du Tribunal judiciaire de Nanterre, le lecteur découvre qu’elle n’est autre que l’ex-femme du tueur, la mère de leurs trois filles, Eloïse, Clémence et Margot. Même si elle n’a pas été la victime directe, cet acte odieux l’a pourtant totalement détruite. Pire, elle s’est brouillée avec son ainée Eloïse. Lorsque cette dernière lui a déclaré être enceinte, elle est partie en vrille et l’a traitée d’égoïste.
« Nous sommes de facto du côté du bourreau, des bouts de sa vie d’avant. Personne ne s’apitoie sur nous puisque, sur le papier, aucun mal ne nous a été fait, nous avons été épargnées. Nous n’avons pas notre mot à dire ni le droit de nous plaindre. Il ne nous reste que le silence et l’effroi. Notre effroi. »
Est-ce que comme le pense la narratrice « Le bonheur est un CDD. » ? Ou comme elle le prétend « L’amnésie est la seule solution quand on prétend refaire sa vie ? » Face à toutes ses questions, elle se heurte au silence et dépérit. « Boire pour oublier, fumer pour disparaitre, écouter le vent cogner contre les murs, la grêle bombarder la toiture, avoir envie de danser. » Sa meilleure amie Delphine la bouscule et tente de la maintenir à flot.
Avec les deux autres filles, elle la convainc de rendre visite à Eloïse et son mari, de faire connaissance avec son petit fils Valentin et de faire la paix.
« Tu es innocente. Tu n’as rien à te reprocher. Tu es allée jusqu’au bout pour notre famille et c’est tout. Le reste n’est que désœuvrement et tragédie. Maman, s’il te plaît, pour nous, pour mon fils et surtout pour toi, au nom de ce qu’il nous reste, de ce que nous avons été et que nous sommes toujours, et parce que nous le méritons tous. Tu dois en finir avec cette culpabilité de survivante et retrouver ta vie. »
Refaire l’amour est un roman intime sur le deuil amoureux, le désir et la reconstruction après une séparation douloureuse. Il célèbre la résilience et la puissance des liens, de l’amour. On retrouve le style sobre et élégant de Xavier de Moulins dans ce douzième roman, ainsi que son écriture à fleur de peau qui capture l’émotion brute, qui rend les personnages si attachants et bouleversants. Le troisième acte et le dénouement sont particulièrement forts et émouvants.
Refaire l’amour est un hymne à la vie, à la rage de (re)vivre coûte que coûte, d’aller de l’avant. Vive l’amour !
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21,00$Prix
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